Fiscaliste | Projets de vie | Ambitions accompagnées

Tax Law Expert | Life Projects | Ambitions Guided

Actualité

Ma mission, vous informer!

« L’argent, s’il ne vous apporte pas le bonheur, vous aidera au moins à être malheureux dans le confort. »

– Helen Gurley Brown

Tout doit converger vers notre système de santé

Tout doit converger vers notre système de santé

En bout de piste, les statistiques démontrent que le nombre de Québécois qui auront 75 ans + dans 20 ans va complètement exploser, soit une augmentation de 79% (Calcul: CFFP; Source : ISQ). Les résultats sont surprenants; conséquemment; nous devrons changer notre fusil d’épaule pour finalement ajuster notre politique fiscale, d’ici 20 ans, pour mieux apparier ce nouveau paradigme démographique avec la reddition de nos finances publiques.

La pluie de la gratuité n’existe pas en politique fiscale; chaque dollar; chaque cent compte; nous devons nous assurer qu’il y existe le moins d’incohérence possible en matière d’équité fiscale. Au Québec, tout comme les pays scandinaves de l’Europe, nous sommes très progressistes avec notre fiscalité. Autrement dit, nous sommes plus enclins à utiliser le pouvoir de notre fiscalité pour le bien-fondé; la bienveillance de notre population.

Nonobstant mon dernier commentaire, entre nous soit dit, aucun système fiscal ne peut être parfait; il y a toujours eu des bémols, des illogismes qui se cachent dans les fissures des parois, incrustées, depuis « belle lurette », dans le tissu de notre système fiscal sociétaire. Ça va sans dire, c’est inévitable.

En ce sens, vous seriez surpris d’apprendre, du moins, je l’étais : qu’il est possible pour les plus nantis de notre société de garder 40% des allocations famille du Québec (l’« AFQ »). Plus spécifiquement, AFQ en 2022, incluant le supplément, pour le compte d’un couple avec deux enfants de 3 et 7 ans est de l’ordre de 5,228$. Les paramètres de réduction de AFQ se trouvent, approximativement, dans l’échelle salariale familiale de 50,000$, et ce, jusqu’à 110,000$. Une fois que vous avez dépassé ce seuil, il n’y a plus de réduction et vous gardez un montant plancher de 2080$.

Reprenons le même exemple, mais cette fois, évaluons l’allocation canadienne pour enfants (l’« ACE »). Du côté d’Ottawa, ils sont plus généreux, ils attribuent 13,994$. Le montant est réduit, à plus forte raison, approximativement, de 30,000$, et ce, jusqu’à 70,000$. Ensuite, la réduction d’ACE est linéaire à la recrudescence salariale, et ce, jusqu’à 200,000$ de revenu familial. Une fois que vous avez franchi ce montant, il n’est plus possible de recevoir des ACE.

Bon, comment expliquer ces différences ? Au Québec, même si vous êtes deux médecins, avec des enfants de 3 à 7 ans et, que vous gagnez ensemble 1M$ : nous allons quand même reconnaitre que vous avez une capacité plus grande pour payer des impôts, donc, par ricochet, on veut que vous gardiez l’universalité des AFQ. J’irais même une étape plus loin : je spécule, mais il est tout à fait possible que nous soyons inspirés du système d’imposition français, ou il est possible d’obtenir des avantages fiscaux avec la présence d’enfants dans votre cohorte familiale.

Certes, au fédéral, la philosophie est sensiblement différente. Sur ce; même si vous avez deux enfants; même si votre revenu familial est élevé; à moins que vous ayez accès au crédit pour frais de garde; vous allez payer le même impôt avec ou sans enfants, et ce, dans toutes les situations de revenu familial élevé.

À ce stade du récit, il est impératif d’adresser l’éléphant dans la salle: est-il nécessaire de continuer à donner des prestations aux gens qui n’en ont pas besoin ?

Oui, d’accord, vous avez possiblement raison : en somme, il y a peu de familles au Québec qui accusent un revenu familial supérieur à 200,000$ et encore moins de familles avec des enfants en âge pour AFQ. Certes, lorsque nous multiplions ce nombre de famille par la prestation annuelle plancher de 2,080$, les montants en jeu sont relativement faibles et plutôt symboliques.

Comme éludé au début, il y aura une augmentation fulgurante du nombre de gens qui auront 75 ans + d’ici 20 ans. Donc, conséquemment, pourquoi ne pas abolir AFQ destiné au plus nanti de notre société pour finalement les injecter dans notre système de santé ?

Mes chers politiciens, désormais, s’il y a une affaire que je vous garantis, l’enjeu politique au Québec, soit le nerf de la guerre, réside, dorénavant dans ce « carré de sable ».

L’incohérence des impôts fonciers

L’incohérence des impôts fonciers

L’incohérence des impôts fonciers

Imaginez 2 propriétés côte à côte chacune évaluée à 500,000$ chacune. Une des propriétés a été achetée l’année dernière par un couple d’âges moyens avec un revenu annuel combiné de 200,000 $. L’autre appartient, depuis 50 ans, à un couple de 80 ans qui a acheté celle-ci en 1973 pour 50 000 $. Aucun d’eux n’a jamais gagné plus de 75,000 $/an. Maintenant, ils sont à la retraite et vivent de leur pension. Est-il juste que chacun de ces couples doive payer la même taxe sur les propriétés ?

La réalité brute, c’est que les villes et municipalités (ci-après « villes ») n’ont pas le pouvoir de faire payer plus d’impôt au couple avec des revenus de 200,000$; que la majorité des recettes mise à la disposition des villes proviennent d’impôts fonciers; et finalement, qu’il y a une incohérence, en fait un paradoxe, entre le mode fiscal d’une ville et son développement économique.

Dans une lettre ouverte, datée du 13/04/2022, la mairesse de la ville de Nicolet, soit Madame Genevieve Dubois, expose, à plein fouet, cette incohérence :

« […] Il faut se concerter et agir rapidement afin de changer le mode de financement des municipalités […] notre mode fiscal est complètement désuet. À Nicolet, c’est 87 % de nos revenus qui proviennent de l’impôt foncier […] Opposer, encore et toujours, la préservation de l’environnement au développement économique […] »

Sachant tout cela, dans le but d’aider les villes, le législateur québécois octroie en 2008 la première redevance réglementaire (ci-après « RR »). Au Québec, malheureusement, les RR sont encore sous-utilisées, sinon méconnues. Néanmoins, l’Ontario a toujours été un grand utilisateur des RR et celles-ci ont permis aux villes d’accroitre leurs recettes fiscales, diversifier leurs sources de revenus et elles offrent un coffre d’outil qui donne lieu à l’imagination, a la créativité et a la possibilité de nouvelles RR.

Une RR; c’est un concept jurisprudentiel, issu d’une loi, d’un règlement municipal, qui nous permet d’imposer directement une taxe sur un comportement (ci-après « TC ») que nous jugeons néfaste; un comportement que nous voulons modifier, influencer ou dissuader au bénéfice de l’objet d’une ville. À titre d’exemple : une taxe que certaines villes facturent, aux contribuables, pour l’utilisation de leur eau potable.

D’ailleurs, comme vous savez très bien, il y a une crise du logement et les citoyens demandent des solutions concrètes. Parallèlement, les villes, elles, veulent accroitre la qualité de vie de ses citoyens avec la création d’écosystèmes, de bien infrastructurel, qui seront emblématiques avec sa vision culturelle. Désormais, cette vision est souvent collée avec l’aménagement et la préservation écologique de son territoire, car elle augmente la satisfaction de ses citoyens. Dans cet esprit; la croissance immobilière ou la croissance à tout prix, est diamétralement opposée à la bonne vie des citoyens.

Dans le but de faire le pont entre la vision culturelle d’une ville; son manque de source de revenus; et les besoins qu’éprouvent leurs citoyens ; les TC trouvent, indéniablement, leurs avantages. Les TC permettent aux villes d’établir/exécuter leurs plans stratégiques tout en maintenant un certain contrôle environnemental.

Par conséquent, pour aider à soulager la crise du logement, une des idées mises en place par un nombre limité de villes canadiennes, est celle d’une taxe sur l’inoccupation du sol (ci-après « TIS »).

Le principe de la taxe est la suivante : il y a un partenariat entre la ville et les promoteurs immobiliers. L’objet de cette association est le développement des milieux de vie durables et écologiques. La ville, lorsqu’elle vend des terrains, elle veut des flux de trésoreries dans un court laps de temps. Les promoteurs immobiliers, dans certains cas, ne sont pas prêts à débuter leurs projets. La TIS permet d’obtenir, dans l’immédiat, des flux de trésoreries par le biais d’une taxe sur la non-construction d’un projet immobilier.

Disons-le franchement : ce sont les villes qui devront, à plus forte raison, soulager cette crise. Ce sont les villes qui devront prendre le gros bout du bâton et trouver des solutions innovantes et créatives avec, certainement, une aide ciblée du provincial. Désormais, elles ont, avec le déploiement des TC, un coffre d’outil intéressant qui peut, sensiblement, commencer à faire le pont entre les besoins respectifs des principaux acteurs de notre communauté.

Comprendre la baisse d’impôt de 1%

Comprendre la baisse d’impôt de 1%

Comprendre la baisse d’impôt de 1%

D’emblée, je viens de terminer la lecture d’un petit roman d’apprentissage qui s’intitule : UN QUÉBEC ENGAGÉ, plan budgétaire, mars 2023, votre gouvernement ⚜️ Finances Québec. C’est un livre court de 472 pages, facile à lire, et celui-ci fut complètement époustouflant ! Inutile de vous dire que si vous souffriez d’insomnie, la lecture de ce document sera invariablement votre potion magique.

A priori, revenons aux choses plus sérieuses. Ultimement, la réaction émotionnelle viscérale au sujet de la diminution de 1% des deux premiers barèmes d’imposition démontre que les Québécois.es sont entièrement dévoués à l’idée de leurs filets de sécurité sociale. Dans cette optique, selon plusieurs, c’est à notre gouvernement d’agir en bon parent. Et, sur ce, nous avons été témoin à un drame familiale : certains de nos proches se sont révoltés pour finalement dire au monde qu’ils ne sont pas tout à fait d’accord avec la nouvelle politique fiscale de leur gouvernement.

En outre, je me demandais si le puissant électro-choc réactionnel n’était que de l’insécurité financière de nos concitoyens ou s’il était justifié, même nécessaire. À cet égard, analysons ensemble les arguments évoqués et répétés à profusion, dans les médias sociaux, contre cette diminution d’impôts historique.

Manque d’équité envers moins nantis

Mettons tout de suite les choses au point : le support financier, pour les moins nantis, est légendaire au Québec. Au premier abord, l’aide sociale peut vous aider pendant une période prédéterminée. Lorsque vous êtes prêt.e à retourner au travail, il y a un deuxième niveau d’aide qui s’appelle la prime au travail (ci-après « PT »). Plus que cela, il y a un troisième niveau d’aide, soit la synchronisation de la PT avec l’allocation canadienne du travail.

Cela dit, « attachez votre tuque », il y a un quatrième niveau d’aide, soit le bouclier fiscal. Bien entendu, il ne faut pas oublier l’allocation pour enfants, le crédit de solidarité, le crédit de TPS/TVQ, la mesure ponctuelle du coût de la vie en 2022 et dans certains cas, une aide subventionnelle au logement.

Toutes les mesures confondues ensemble, il me semble qu’il est complètement absurde de croire que le gouvernement québécois n’en fait pas assez pour les moins nantis de notre société. Bref, rajouter encore une fois d’autres couches d’aide; c’est créer des monstres, tels que le paradoxe des trappes à l’inactivité et celle à la pauvreté, qui invariablement sera en fin de compte incontrôlable.

Moins nantis Célibataire

($/an)

Couple

($/an)

Mesure inflation Seul/Couple Baisse impôt 1%
Aide sociale 11,076$ 17,172$ Uniforme 0$
Prime au travail 2,400$ 4,800$ Uniforme N/D
Allocation Canadienne travail 1,428$ 2,461$ Uniforme  N/D
Bouclier fiscal Variation Variation Uniforme  N/D
Allocation enfants (Canada & Québec) 0$ 18,976$ Uniforme N/D
Crédit solidarité Variation Variation Uniforme N/D
Crédit TPS Variation Variation Uniforme N/D
Total plancher minimum 11,076$ 36,148$ 500$/1000$ 0$

 

Manque d’équité envers les familles

La devise du Québec devrait être remplacée par :  « Nirvana pour les familles ». La véracité de mes propos semble tenir la route lorsque nous sommes en présence d’un salaire familial moyen inférieur à 100,000$/année. Primo, avant tout, il est important de mentionner que le salaire moyen (ci-après « SM »)  au Québec est de 70,128$, soit 94.72% du SM du Canada. En revanche, il y a de notre part une perte de productivité et celle-ci est structurelle de nature.

C’est d’ailleurs, la charge d’impôt net, qui nous permet de statuer sur la qualité de vie de nos familles au Québec. En simple, c’est la somme de nos impôts respectifs avec nos cotisations sociales, moins, le versement de nos prestations reçu de nos deux paliers de gouvernement. Il est important de noter que le gouvernement québécois se distingue des autres provinces, car nous sommes beaucoup plus généreux avec nos allocations ainsi que plusieurs de nos crédits d’impôt.

Dans cette veine, la poule aux œufs d’or au Québec patauge dans l’intervalle de la première tranche de la classe moyenne. Nous avons, de loin, la charge d’impôt familiale la plus faible dans l’écart entre 40,000$ jusqu’au SM. Au-delà du SM, nous progressons, tranquillement, vers la moyenne normale de la charge d’imposition canadienne. Une fois arriver au revenu familial de 120,000$/année, à plus forte raison, nos charges d’impôt deviennent beaucoup plus lourdes, et ce, comparativement aux autres provinces canadiennes.

D’autre part, un choix politique a été fait par nous, soit qu’il est juste et équitable que nos couples sans enfants ainsi que nos célibataires payent une charge d’impôt beaucoup plus élevé que nos jeunes familles québécoises avec enfants. Certes, il est facile à comprendre pourquoi : c’est politiquement rentable au Québec de vouloir capitaliser sur le désir de l’entraide familiale. D’ailleurs, évitons tout malentendu, si je dis cela, c’est que notre vision culturelle est « sensiblement » différente des autres provinces.

Salaire moyen familiale
Mesure inflation (Seul/Couple) Baisse impôt 1% Aide fiscal % du revenu
Monoparentale deux enfants 46,986$ 500$ 293$ 1.69%
Couple deux enfants 117,113$ 1000$ 1058$ 1.75%
Couple deux enfants 70,128$ 1000$ 716$ 2.44%
Couple deux enfants 140,256$ 1000$ 1058$ 1.46%
Couple sans enfants 117,114$ 1000$ 1058$ 1.75%
Célibataire sans enfants 46,986$ 500$ 298$ 1.69%
Célibataire sans enfants 70,128$ 500$ 358$ 1.22%
Célibataire sans enfants 117,113$ 0$ 814$ 0.70%
Couple 200,002$ 0$/500$ 814$/1284$ 0.41%/0.89%

Inspiration : Tommy Gagné-Dubé, Bilan de la fiscalité au Québec – Édition 2023 (2023), Cahier de recherche 2023-02, Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques, 93 p

Baisse d’impôt pour les plus nantis

A contrario de ce que j’ai lu dans les médias sociaux, il est faux de prétendre que cette baisse d’impôt cible les plus nantis de notre société. Selon cette ligne de tir, il faut évaluer toutes les mesures fiscales les plus importantes en 2022-2023, soit la baisse d’impôt de 1% ainsi que la mesure reliée à l’inflation (l’aide au coût de la vie). La résultante de ces mesures ponctuelles est l’unification d’une aide fiscale qui est régressive à la recrudescence salariale dans le cadre de votre situation familiale.

Or, tout étant égal par ailleurs, est-il pragmatique de vouloir baisser les impôts ? La Chaire en fiscalité et en finance publique (ci-après « CFFP ») publie chaque année un graphique qui s’intitule : l’écart net du fardeau fiscal des contribuables québécois. En simple, cette mesure a pour objectif de voir la variation du fardeau fiscal des ménages québécois en appliquant les structures d’impôts et de transferts des autres gouvernements provinciaux.

Ce faisant, le québécois moyen économise en moyenne 10,682$ avec l’application des barèmes d’imposition ontariens. En surcroit, l’accélération maximale des économies d’impôt face aux barèmes d’imposition de l’Alberta est de l’ordre de 23,432$. Avec 23,432$ en économie d’impôt, clairement, vous pouvez engager un.e « nanny » et le.a caché dans votre sous-sol si vous avez besoin d’une aide avec vos jeunes enfants ! Considérant l’ampleur de ces différences d’impôts, il est logique de se questionner sur l’efficacité de nos services à collectivité.

En somme, les moins nantis de notre société ont un soutien financier très progressif; nos familles au Québec ont une charge d’impôt net relativement basse; en bout de piste, c’est notre classe moyenne qui supporte et finance la majorité de notre fardeau fiscal. Inutile de vous dire, dans le cas de notre baisse d’impôt de 1%, qu’il demeure logique de bien vouloir nous donner une « tape dans le dos ». Nonobstant mon commentaire, désormais, il faut se poser la question suivante; est-ce le bon temps ?

Mauvais « Timing »

Selon le narratif du ministre des Finances, soit monsieur Éric Girard, il sera possible de capitaliser sur l’effet multiplicateur de cette baisse d’impôt 1% pour stimuler la macro-économie québécoise. Face aux questions pointues des médias, celui-ci semblait faire un peu de patinage artistique verbal. Certes, je peux comprendre pourquoi; la logique est sensiblement boiteuse :

D’abord, si votre objectif est de stimuler l’économie, il faut plutôt cibler l’aide fiscale aux moins nantis de notre société. Ultimement, c’est eux, en fait, qui dépensent le plus sur les biens de consommation ainsi que les produits discrétionnaires dans notre économie.

Ensuite, en vertu du faible montant de la baisse d’impôt, il y a de forte chance que celle-ci soit absorbée, sans impact stimulant, dans notre économie. Si ce n’est pas le cas, il y aura invariablement, des risques d’aggravation face à l’indice des prix à la consommation.

Puis, pour ce qui est d’une récession au deuxième ou troisième trimestre , nous n’avons pas encore maitrisé l’inflation qui semble être structurelle en nature. En surcroit, la réalité est que le remède appliqué par nos banques centrales ne permet pas de cibler les vrais problèmes liés à l’inflation et, par ricochet, il pourrait y avoir des conséquences inattendues.

Nous-aurions-donc-du ?

C’est simple: il ne faut pas emprunter du fond des générations pour cette baisse d’impôt. Deviner ce qui se produira ? Nous allons éliminer notre déficit structurel plus rapidement que prévu, après, on baisse les impôts.

Résumons donc : les aides aux moins nantis de notre société sont légendaires ; le Québec est le « paradis pour les familles »; c’est la classe moyenne au Québec qui « donne sa chemise »; notre gouvernement a voulu donner un « bonbon » à ceux qui supportent notre fardeau fiscal; mais notre « timing est  poche ». Voilà, la prochaine fois, débuter par la fin, c’est plus vite !

Gain en capital; pour les riches ?

Gain en capital; pour les riches ?

La lutte des classes, aussi vieille que l’humanité, nous pousse à remettre en question la légitimité de certains des avantages fiscaux octroyés par nos législateurs. Sur ce principe, la fiscalité dérogatoire du traitement préférentiel du gain en capital (ci-après, « TPGC »)  est hautement politisée, car elle comporte un enjeu de justice sociale important pour notre société.

Avant même de considérer à modifier les paramètres reliés à la dépense fiscale du TPGC; il s’avère fort utile de connaitre qui ultimement sera affecté/ciblé par la modification de son traitement fiscal. Au bout du compte, les gens qui ont réellement bénéficié du TPGC depuis les dernières années ne sont pas nécessairement les plus nantis de notre société.

La cible
Pensez-y bien pour quelques minutes; visualisez votre famille ainsi que vos proches; j’imagine, comme moi, vous connaissez des personnes qui ont initiés, à un moment donné, quelques des transactions financières suivantes :
D’abord; ils ont possiblement vendu une résidence, ensuite; disposer des actions à la bourse, puis; liquider une PME et enfin; ils ont utilisé le report/provision pour les gains en capital (ci-après, « GC »).

Considérant votre liste de gens que vous venez d’établir, est-il juste d’assumer que tous vos proches sont des gens nantis ? Tenez ! Contrairement à une perception trop répandue, la raie longitudinale des gens qui profitent du TPGC est bien tracée et pondérée parmi les multiples classes sociales de notre société.
L’exemple empirique que nous venons de faire ensemble est fondé dans la réalité et supporté par nos statistiques. Les auteurs de l’essai qui s’intitule « la concentration réelle des gains en capital au Canada » ont décortiqué des banques de données spécifiques et en somme, ils sont venus à la conclusion suivante :

« Les contribuables aux revenus plus modestes bénéficient plus qu’on ne le croirait du TPGC, surtout lorsqu’ils sont âgés de 55 ans et plus[1].» (Mon soulignement)

Certes, en prenant un certain recul, il s’avère nécessaire d’aller au-delà des chiffres et de se poser des questions. La perception que le gain en capital favorise les mieux nantis de notre société est liée à un problème de compilation de statistique. Autrement dit, si la question que tu veux recenser n’est pas adéquatement appuyée par les données fiscales compilées, invariablement, vos conclusions seront erronées.

L’effet de regroupement[2]
Le point de chute de cet article est la connaissance réelle et ponctuelle des classes de gens qui bénéficient du TPGC. Naturellement, l’effet de regroupement falsifie l’analyse des données, car il y a une concentration de plusieurs sources de revenus dans les tranches de classement de revenus les plus élevés.

Dans le but de préciser correctement la classification des gens qui sont les utilisateurs du TPGC, il est impératif de créer deux catégories de classement; soit un classement de gens avec des revenus totaux qui incluent les gains en capital imposable (ci-après, « GCI ») et l’autre, un nouveau classement, où l’on soustrait la réalisation des GCI[3] des mêmes revenus. Le nouveau classement statistique intègre le GCI différemment; en fait, il est pris en charge, directement, dans les multiples classes de revenus des contribuables.

À priori, dans le premier classement, nous constatons un effet de concentration. En fait, la majorité de la valeur totale des GCI serait concentrée dans la classe de revenu le plus élevé. La raison qui explique l’effet de concentration dans le premier classement est fort simple: lorsque les gens réalisent des GCI, il y a une mobilité vers le haut dans l’échelle de leurs revenus totaux. C’est-à-dire, les gens d’une classe font plus d’argent et il y a un effet ascenseur.

Dans le nouveau classement, lorsque nous excluons des revenus totaux la réalisation des GCI, il y a une migration importante de la valeur des GCI déclarés vers les classifications de gens à faibles revenus. Plus spécifiquement, il y a un ruissèlement économique, à plus forte raison, dans la classe de gens dont les revenus totaux sont inférieurs à 50,000$. Cette classification a le pourcentage de la valeur des GCI réalisé le plus élevé[4] parmi les cinq classes de gens.
Id., p.1200
Gain en capital

Tableau 1: REVUE FISCALE CANADIENNE (2021) 69:4, 1193-1212, « la concentration réelle des gains en capital au Canada », auteurs : Tommy Gagné-Dubé, Matis Allali, Luc Godbout et Antoine Genest-Grégoire.

Comment pouvons-nous expliquer ce changement ? C’est, entre autres, un déplacement de plusieurs millions de dollars et de plusieurs milliers de contribuables vers leur classe de revenu qui leur sont propres, et ce, sans l’effet de regroupement.

Bref, le nouveau classement permet de réaliser deux constats : d’abord, les contribuables avec des salaires modiques profitent eux aussi du TPGC. Ensuite, il est important d’atténuer et de nuancer la perception que « les contribuables plus fortunés bénéficient de façon disproportionnée du TPGC[5]. »

 

[1] REVUE FISCALE CANADIENNE (2021) 69:4, 1193-1212, Auteurs : Tommy Gagné-Dubé, Matis Allali, Luc Godbout et Antoine Genest-Grégoire, p.1194.
[2]Id., p. 1196
[3] Id., p.1200
[4] Id., p.1198
[5] Id., p.1200
L’immigration : un dividende assuré

L’immigration : un dividende assuré

Au-delà des débats sur les nombres de résidents permanents, temporaires et des catégories d’immigration nécessaire pour notre société, on y retrouve la possibilité d’un paiement, en dividende, à l’actionnaire majoritaire du Québec, soit son peuple.

Les versements de nos dividendes démographiques sont la somme de nos politiques d’immigration, fondées sur nos valeurs, qui ont pour objectifs de contrer nos déficits structurels et d’assurer notre croissance économique à long terme.

Sur ce principe, comment pouvons-nous garantir notre qualité de vie sans avoir recours à un dividende démographique ? Plusieurs experts[1] pensent que la position du gouvernement actuel est illusoire, politique et contradictoire.

Perte PIB

Plus spécifiquement, les auteurs de l’essai qui s’intitule « Immigration and public finances in OECD countries[2]», nous instruits qu’une hausse de la proportion de la population en âge de travailler puisse générer un dividende démographique que par son impact positif sur la croissance économique.

En simple, un choc migratoire est nécessaire de contrebalancer les impacts du vieillissement de la population, comblée de nombreux postes vacants, diminuer les effets négatifs de l’inflation et finalement, tempérer nos déficits structurels.

L’étranglement des voies d’accès vers la résidence permanente au Québec peut nous coûter très cher : soit un manque à gagner au poste des recettes du PIB de 0.25% la première année et de 0.31% la deuxième année[3]. Au net, selon les auteurs de cette étude, un « coup de marteau » migratoire permet une recrudescence de la croissance économique et parallèlement, un équilibre entre les recettes et les dépenses de l’état.

« Made in PQ »

Il y existe encore des perceptions concernant l’immigration qui sont inexactes et qui n’aident pas l’avancement de notre société. Les faits révèlent que les immigrants n’ont aucun effet négatif sur nos finances publiques.

Dans cette perspective, lorsqu’une analyse a été faite, auprès des pays membres d’OCDE pour la période 1980 à 2015, les auteurs n’ont pas observé une augmentation de l’aide gouvernementale sous forme de transfert monétaire. En fait, c’est le contraire, l’état des résultats d’un choc migratoire démontre que la croissance de la main-d’œuvre travaillante diminue le besoin des transferts monétaires gouvernemental par habitant.

Encore sous le spectre de cette même étude, il importe de s’intéresser au fait que plusieurs des nouveaux immigrants sont éduqués et en âge de travailler. Dans le but de pallier notre pénurie de main-d’œuvre au Québec, toutes autres caractéristiques égales par ailleurs : plus il y a de gens qui travaillent dans notre économie, deviner quel sera l’impact sur notre croissance économique ?

 

[1] Article Sarah R. Champagne, Le Devoir, Le grand virage de l’immigration:

[2] D’ALBIS, Hyppolite, BOUBTANE, Ekrame et Dramane COULIBALY. « Immigration and public finances in OECD countries », (2019), vol. 99, Journal of Economic Dynamics and Control 116.

[3] CFFP, Coup d’oeil sur la recherche, immigration et finances publiques dans les pays de L’OCDE, p.2.

Chéri : on déménage où ?

Chéri : on déménage où ?

Il y existe une fluidité de la main-d’œuvre, ainsi qu’une mobilité commerciale interprovinciale assez impressionnante entre deux villes canadiennes, soit la ville de Gatineau, ainsi que celle de la ville d’Ottawa. Les deux villes riveraines, emblématiques d’une métaphore linguistique fédérale qui relie deux peuples, deux cultures, et ce, dans un même écosystème familial.

Certes, malgré le fait qu’il partage un même écosystème, votre qualité de vie peut invariablement être différente selon votre province de choix. D’une part, votre qualité de vie peut varier selon le poids, la pression fiscale de votre province et d’autre part, celle-ci sera aussi tributaire des écarts régionaux existant dans la sphère des prix immobiliers.

Au bout du compte, considérant votre situation personnelle, quelle ville/province peut vous offrir une meilleure qualité de vie ?

Votre charge d’impôt[1]

Vous sauriez surpris d’apprendre qu’il est fiscalement avantageux de déménager au Québec. Cela dit, selon la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques : « Le fait que le poids des impôts sur le revenu des particuliers soit relativement élevé au Québec n’est pas nécessairement révélateur du revenu disponible des familles. »

En simple, le poids des mesures fiscales québécoises inclut vos impôts payés, vos cotisations sociales, et nous devons soustraire toutes les prestations reçues des deux paliers du gouvernement. Le Québec est plus généreux et distribue plusieurs prestations tel que l’allocation familiale. Ceci a pour conséquence de diminuer le fardeau fiscal de certains contribuables québécois.

Dans cette optique, voici un tableau qui résume plusieurs situations personnelles familiales en fonction de votre charge d’impôt nette. L’écart est le différentiel qu’exerce le poids des impôts sur les particuliers canadien.


Or, comme vous avez constaté, les salaires moyens utilisés sont relativement modiques pour une famille. En élargissant l’assiette des salaires moyens, à plus forte raison, l’Ontario devient nettement plus attrayant en ce qui concerne la fiscalité. Toutefois, votre charge d’impôt n’est qu’un des facteurs à considérer dans votre prise de décision : maintenant, il faut se tourner vers l’actif le plus important dans votre bilan financier.

L’immobilier

Le clou du spectacle pour le Québec est l’immobilier. Cette composante est non seulement importante, mais aussi responsable, en partie, d’une immigration interprovinciale positive pour celle-ci depuis quelques années. Sur ce principe, une maison unifamiliale à Ottawa coûte en moyenne 606,300$; la même maison à Gatineau se chiffre à 451,800$. Comme vous avez réalisé, l’écart est considérable, soit 154,500$.

Selon cette même ligne de tir, un couple qui achète cette maison aura des paiements mensuels différents selon la province de résidence. En ce sens, la différence dans les paiements mensuels est approximativement de 997$ 4 .

Bien entendu, le choix de votre province doit être considéré en fonction de plusieurs critères. Dans cette même veine, vous devez considérer votre situation familiale, votre salaire moyen et vos préférences immobilières. Contrairement à une croyance trop répandue, il peut être fiscalement avantageux de déménager au Québec.


[1] Collectif sous la direction de Tommy Gagné-Dubé, Bilan de la fiscalité au Québec – Édition 2023 (2023), Cahier de recherche 2023-02, Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques, p. 85
[2] Écart trop faible pour faire une différence.
[3] Écart trop faible pour faire une différence
[4] Dépôt de 70,000$ contre l’hypothèque; 5 ans variable avec des paiements statiques.